Design | 17 septembre

Les limitations technologiques ont toujours été synonymes de frustration chez les ouvriers du Web. Allant de la capacité de rendu côté client, jusqu’au support de fureteur considéré par plusieurs comme désuet, les contraintes technologiques ont toujours limité le potentiel du Web, surtout lors du développement d’un produit dirigé vers le grand public. Pour les designers Web, une frustration persistante était celle associée aux résolutions d’écrans des utilisateurs. Avant le développement de l’expertise dans la création d’interfaces flexibles, plus couramment appelées design adaptatif, la solution de plusieurs designers était de se limiter à 960 pixels pour tenter d’y intégrer un maximum de contenu à l’aide de multiples systèmes de grilles reflétant un ordre présumé.

Cependant, l’émancipation du Web sur appareil mobile a imposé un retour au design axé vers un écran de plus petite taille. Par exemple, l’iPhone 5 avec son écran de moins de 6 centimètres de large affiche uniquement 640 pixels sur sa largeur. Dans ce cas, il apparait évident que le design Web contemporain doit se réinventer afin de s’adapter à cette nouvelle réalité. En effet, cette nouvelle réalité du format Web implique pour les designers une adaptation à une narrative de navigation beaucoup plus restreinte. La version mobile d’une plateforme Web, peu importe laquelle, sera souvent simplifiée au maximum pour satisfaire les nouveaux paradigmes technologiques et comportementaux telle la navigation, guidée la plupart du temps par le pouce. Devant cette simplification nécessaire, il apparait manifeste que les designers Web doivent procéder à une introspection concernant les chemins de lecture ainsi que les divers éléments graphiques qu’ils avaient planifiés pour la version grand écran. Si certains de ces éléments peuvent être éliminés dans le contexte mobile, il semble clair que ceux-ci ne sont pas strictement nécessaires pour la version grand écran.

Cette nouvelle réalité trace une opportunité pour les designers Web de se remémorer un principe popularisé par l’architecte Ludwig Mies Van der Rohe, soit le célèbre: « less is more ». En effet, puisqu’il est possible d’éliminer des éléments ou des chemins de lecture, il devient apparent que ceux-ci ne soient pas réellement nécessaires à l’expérience de l’utilisateur si l’on affirme que le site Web mobile répond toujours aux objectifs ciblés. Il devient donc à propos de se questionner sur le réel besoin d’une version mobile et d’une version grand écran. Devant cette évidence, il peut sembler que la version mobile devrait avoir préséance sur la version grand écran et que cette dernière devrait émuler la version mobile plutôt que l’inverse. Évidemment, ce renversement de paradigme pourrait faire soupirer plus d’un designer Web, qui se réjouissait précédemment d’un canevas de travail plus vaste que jamais. De plus, si l’on observe les tendances actuelles de navigation, il se pourrait simplement qu’une majorité d’utilisateurs proviennent éventuellement d’appareil mobile et que l’approche du design mobile first soit inévitable.

Il semble dorénavant fort probable que la démocratisation de la navigation sur appareil mobile changera les habitudes et attentes des utilisateurs du Web. Devant ces probabilités, il apparaît opportun pour les artisans du Web de revoir leurs méthodes de travail en sondant la nécessité de créer des plateformes plus complexes que celles que l’on pourrait retrouver sur un appareil mobile.

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