Communication | 07 août

Pourquoi aujourd’hui voit-on les gens boire leur café et lire les nouvelles avec une tablette et non plus ce bon vieux journal ? À cette question, une réponse toute simple : l’apparition, la démocratisation et l’explosion du numérique. D’après l’agence France-Presse, les Canadiens sont de plus en plus nombreux à privilégier la lecture des journaux sur un support numérique au détriment du papier.

Quels sont donc les nouveaux enjeux pour des quotidiens régionaux, qui ne sont pas des marques aussi importantes que le Wall Street Journal ou The New-York Times ? Il faut tout d’abord s’adapter. S’adapter à des nouveaux modes de consommation et d’utilisation. Et pour s’adapter, il faut chercher à comprendre les nouvelles attentes. Il faut ensuite innover dans la manière de présenter cette information sur papier. Comment rendre plus attractif et plus interactif un format qui trouve naissance dans l’invention de la typographie par Johannes Gutenberg en 1438 et dont l’apparition de publications périodiques date du début du XVIIème siècle ? Cette utilisation vieille de six siècles est pourtant aujourd’hui remise en question. L’évolution nous défie de rester positif et d’imaginer de nouvelles façons d’allier histoire et modernité. Sinon, comment la société évoluerait-elle, si ce n’est vers le progrès, le changement et la découverte de nouveaux moyens de communiquer.

En mai dernier, les dirigeants de Power Corporation ont annoncé que la version papier du quotidien La Presse était vouée à disparaître dans un avenir proche. Cette nouvelle, malheureuse pour beaucoup, est entre autres la conséquence d’une tendance à la baisse des ventes publicitaires dans les quotidiens de GESCA : Le Soleil (Québec), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), Le Droit (Ottawa-Gatineau), La Tribune (Sherbrooke), Le Quotidien (Saguenay), La Voix de l’Est (Granby).

Pour André et Paul Desmarais, PDG et Co-PDG de la Power Corporation, cette baisse « augure mal pour la survie des quotidiens qui sont uniquement imprimés ». Conscients des changements, ils sont persuadés de la nécessité des journaux papiers à se redéfinir et d’avoir des stratégies de survie à long terme. La Presse a déjà passé le cap en lançant son application gratuite La Presse+. Elle a permis de créer des emplois « du futur », reliés à la plateforme du quotidien

Pour Alain Turcotte, président et éditeur du Nouvelliste, il est « important de préciser qu’ils envisagent leur disparition si, et seulement si, les journaux gardent le modèle actuel. Nous ne sommes pas en train de disparaître, on se dirige vers le numérique ». Concernant La Tribune, sa présidente et éditrice Louise Boisvert reste positive et pense que si une adaptation plus importante au numérique doit avoir lieue, elle se fera de manière réfléchie et intelligente. Pour elle, « l’information n’est pas une marchandise. Elle est un bien public essentiel ». Enfin, Le Soleil, média québécois le plus lu hors Montréal, constate que son lectorat n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui. Au fond, le contenu plaît aux lecteurs, fidèles à leur quotidien.

Finalement, les lecteurs ne lisent plus les journaux pas parce qu’ils n’apprécient pas le contenu. Ils ont seulement trouvé une façon différente et nouvelle de lire ce contenu qu’ils aiment avec les nouvelles technologies d’aujourd’hui. Reste que le papier, matière palpable et historique, est un sacré concurrent du numérique.

Source de l'image : https://www.behance.net/gallery/Skelleftease/3869225 | Thomas Larsson
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